SAN CRISTOFALU

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L'objectif de l'association "San Cristofalu" a été de réaménager un vieux sentier afin de permettre aux visiteurs la découverte du patrimoine naturel culturel et historique du village d'Erbajolo. Ce parcours de 6 km qu'on peut accomplir en 3 heures. Le point le plus haut se situe à 700 m et ce sentier pleut être considéré comme une promenade familiale très attractive par les découvertes qu'on peut y faire.
Le départ peut se faire du cœur du village sur la place de l'Église paroissiale du XVIe siècle . Ou bien du point culminant, de la chapelle "San Antone" (Saint Antoine) devant la "Piazza di San Cristofalu" (Place Saint Christophe) : On rejoint ensuite Foce d'où on découvre une très belle vue sur les villages d'Altiani et de Focicchia et le Monte Cardo, le Monte d'Oro et le Renoso, pour poursuivre au lieu-dit "a Funtana Secca" ou "a Petra à u moru" pour rejoindre ensuite "Cherchiglioni", haut lieu des cultures des potagers. "E Padule" s'offre ensuite à vous, puis "U Fornu" (le four) qui était jadis le seul lieu où l'on cuisait le pain, lieu considéré comme un endroit de partage et de convivialité par les habitants. On arrive ensuite à la "Capella di San Ghiseppu" (chapelle Saint Joseph) construite au XVè siècle puis on franchit l'ancien village de Casella, abandonné de puis 1945 après un terrible incendie pour rejoindre la "Capella di San Martinu" (chapelle Saint Martin), du XVe siècle classée monument historique et pour finir à "U Lavatoghju", le lavoir l'un des symboles communautaire.

HISTOIRE  

Trois villages du cortenais et l’occupation de l’espace du Moyen-age à nos jour : Altiani, Erbajolo, Focicchia.

Les trois faisant partie de la Pieve di Rogna :pieve.jpg (89086 octets)

La pieve di Rogna comportait 12 villages : Erbajolo, Focicchia, Altiani, Piedicorte di Caggio, Pietraserena, Giuncaggio et Pancheraccia formait la " pieve di quà del fiume ", alors que Vivario, Muracciole, Rospigliani, Noceta et Antisanti formait la " pieve di là del fiume ".

Évolution des sites

Pour les trois villages, les sites les plus anciens se trouvent à mi-pente entre le fond des vallées et l’actuel site : la tradition orale donne l’ordre chronologique suivant :

Pour le cas d’Erbajolo Cherbinaghiola est situé sur une colline d’environ 50mètres d’altitude, A Casella est à 600mètres d’altitude, à peu près à égale distance de Cherbinagiola et Erbajolo, qui est à 750mètres d’altitude.

A mi-chemin entre Casella et Erbajolo se trouve l’èglise San Martino. [voir plan cadastre, section B, feuille 1 et 2]

Des témoignages écrits mentionne les villages :

La datation est difficile :

Pour Cherbinaghiola, il faudrait faire des fouilles archéologiques. L’église San Martinu a été datée du 11ème siècle, et l’église actuelle du village (Santa Maria ou Santa Croce ?) du 16ème siècle, époque où un couvent franciscain était tout proche.
On peut reconstituer ainsi l’histoire de ces villages : d’abord, des constructions contrôlant la basse vallée des affluents du Tavignano, pour utiliser les terres les plus fertiles ; ces premiers sites ont coexisté avec les villages de la mi-pente, et sont suivis puis remplacés à partir du 16ème siècle par les villages actuels.

Fait important au début du 16ème siècle : la poussée des Barbaresques : la tradition orale et la toponymie donnent des indications parallèles pour les trois villages.

Ce danger constant au 16ème siècle expliquerait le choix de sites défensifs. L’autre avantage dans le fait que les villages " montent " est qu’il se rapprochent des " terres hautes " (800 à 900 mètres d’altitude), propices à la plantation de châtaigniers, dont Gènes encourage la production.

Les hommes et l’espace

260 en 1559, 264 en 1725, 340 en 1760, 434 en 1801, 447 en 1846 et 503 en 1926.

D’où la nécessité d’utiliser le mieux possible les terres médiocres.

La fin du 18ème siècle est connue grâce au " plan terrier ", description précise des communes de Corse : on y apprend pour Erbajolo que les cultures représentent 80% de la superficie, et que 5% des terres sont dites " incultes mais utilisée pour le pâturage ". La majorité des terrasses date de cette époque.

Le détail des cultures montre que 95% étaient constituées par des céréales (blé, orge,…) : à l’époque, les méthodes archaïques, le manque primure, les sols pauvres, nécessitaient beaucoup d’espace. Les 5%restant étaient l’olivier, la vigne, les châtaigniers,…

On pratiquait l’assolement triennal dans les zones les plus fertiles, et ailleurs, la culture sur brûlés.

A Focicchia, on a des témoignages écrits (actes de notaire) datant de 1756 : la population décide la création d’un circolo dans lequel chaque chef de famille s’engage à planter 100 pieds de châtaignier sur 10 ans. Ceci devient la culture dominante au 19ème siècle. Mais, par ce choix, on rejette les bergers (les chevriers) hors de ce circolo : ce qui entraîne des relations souvent tendues entre berger et agriculteurs.

Le problème de la dispute pour occuper le terrain agricole se retrouve aussi à Erbajolo : en 1769, il y avait 570 moutons et 200 chèvres ; en 1829, il n’y en a plus que 300 et 100.

D’où l’attitude violente des bergers, dont se plaint le maire en 1803 : il dit " Maintenant les bergers sont les patrons, et il agissent selon leur fantaisie, et si le maire ou le propriétaire disent quelque chose, ils leur enlèvent la vie, car ils sont bien armés ! ".

La lutte, ancienne, est accentuée par le manque de place. C’est ce qui explique le conflit acharné, sur près de deux siècles, entre les communes d’Altiani et Focicchia, pour s’approprier le bois de Caggio, ou Cereo : le procès de 1858 le donne finalement à Focicchia [le résumer est présenté en annexe dans le travail de L. Serpentini]

Évolution démographique des trois villages


Ces textes sont extraits du dialogo nominato corsica. Textes qui daterait du 16ème siècle et probablement de la première partie de celui-ci.


Pieve de Bozio (ou de Botio, de Bozzio…) terzero di là. Ev. d’Aléria.

La pieve de Bozio est, comme beaucoup de pievi de Castagniccia, une pieve éclatée en de nombreux lieux-dits habités au début du XVIème siècle. Dans le Dialogo nominato Corsica, Monseigneur Giustiniani en cite onze… et en oublie d’autres, notamment Mazzola, que nous avons pourtant rencontré dans plusieurs documents contemporains. En 1537, on retrouve pratiquement les même villages. La pieve compte alors 434 feux et demi-feux répartis comme suit : lo Poggio (17), Bustanico (40), Sermano (70), lo Castellare (31), lo Favalello (52), Alando (28), Lalzi (24), lo Pie della Corte (65), la rebbia (39), Arbitro (27), la Casella, la Casa et lo Castellano (41). Par la suite, la plupart du temps, les villages sont divisés en Capelle. Mais, la Capella Sant’Andria, autour de l’église piévane, elle, n’est toujours pas bien définie, regroupant l’équivalent de deux communes aujourd’hui (Sant’Andrea di Bozio et Mazzola). C’est la raison pour laquelle nous placerons cette pieve au sein des pievi de type II.


Pieve de Rogna terzero di là. Ev. d’Aléria.

Située sur la rive droite de la rivière Corsigliese et dominée par la Punta Gaggio, la vallée de Gaggio (ou Agio, Gacio, Gagio, Acho) comprend dans la première partie du XVIème siècle un grand nombre de lieux-dits habités dont une bonne partie ne correspond aujourd’hui à aucun village (Lolmeto di la Bale di Gagio, lo Piano di Agio, Lolmeto di Agio…). La délimitation des communautés date de l’extrême fin du XVIème siècle. C’est la raison pour laquelle nous continuerons à la qualifier de pieve de type II, malgré l’évolution réalisée au cours du siècle.

Le premier problème est d’ailleurs posé par le pays dit de Vivario, placé à part dans la description réalisée par Monseigneur Giustiniani, et composé de li Gatti (Gati), le Muracciole et le Arche (Arca). Au moins deux podestats y sont élus annuellement représentant l’un li Gatti et le Arche, l’autre le Muracciole le plus souvent, mais ce découpage n’est pas toujours exact, ni facile à interpréter.

Le nombre des villages sera réuni ensuite en huit Capelle ou Communautés.